Site officiel de la mairie de Verrières-en-Forez, située dans le département de la Loire (42)

Histoire et patrimoine de la commune de Verrières-en-Forez

Il était une fois Verrières en forez…

On ne le sait pas assez mais l’histoire de Verrières en Forez est longue et riche. L’origine du nom Verrières daterait de l’époque romaine, plus précisément  vers le 3ème siècle après J.C. Peu de preuves archéologiques ont été retrouvées mais une médaille représentant l’empereur Maximin 1er le Thrace permet de dater l’installation d’un camp romain à Verrières. Ce camp aurait été commandé par Vérrus d’où la supposition que le nom du village viendrait du nom de ce commandeur. De plus, Verrières se trouve sur une ancienne voie romaine reliant la plaine du Forez à l’Auvergne.

Au Moyen-Age, la province de Forez est administrée par les comtes de Forez, Verrières devint alors une terre noble dépendait de la baronnie d’Ecotay. Au XVème siècle on comptait 2 maisons fortes sur le territoire de la commune : Beauvoir et le Soleillant. Une maison forte est un domaine agricole souvent situé près des bois et rivières. L’aspect défensif et les pouvoirs du seigneur étaient limités mais le domaine pouvait servir d’abri en cas d’alerte.

 

Beauvoir

Située à l’est, en contre-bas du bourg la maison forte de Beauvoir était un ensemble vaste et puissant. Le bâtiment a assez peu évolué au cours des siècles, seules quelques ouvertures ont été percées et quelques dépendances récentes rajoutées. Les débuts de la construction sont attribués à la famille d’Ecotay, repris ensuite par les Rochefort. Dans les archives on apprend que Chatard d’Ecotay seigneur de Beauvoir, obtint en 1330 du comte de Forez, que les habitants des villages voisins c’est-à-dire Arpheuil, Cordalieu, Durbise, soient tenus de moudre leur grain au moulin du seigneur Chatard d’Ecotay de Beauvoir. Châtelain de Montbrison en 1342 il épouse en première noce Marguerite de Barges dont il eut 11 enfants puis en second mariage Alise de Fourchaut. Vers 1450 le manoir est reconstruit par Antoine de Rochefort-Beauvoir. 

En 1647, la famille de la Roue (vieille famille d’Auvergne) vend la seigneurie de Beauvoir à Christophe de Talaru, baron d’Ecotay. L’histoire de Beauvoir se confondra avec l’histoire de la baronnie. La demeure passera aux mains des Hérail de la Roue, puis aux Saint-Martin d’Aglié et de Rivarol, puis aux de Meaux au XIXème siècle.

Aujourd’hui le domaine de Beauvoir est une simple ferme conservant quelques ouvertures du XVème siècle. Sur le linteau de la porte sculptée du XVIème siècle on distingue les armes des Rochefort-Beauvoir «  D’argent à la bande de gueules chargée de 3 coquilles d’or ». Il subsiste aussi une croix de pierre ornée des armoiries de la famille et qui serait l’une des plus anciennes croix du Forez (1530-1540).

 

 

Le Soleillant

Le château du Soleillant était une maison seigneuriale du XVème siècle composée de quatre tours carrées toutes reliées entre elles par des murs, des bâtiments avec cour intérieure. Le logis au nord, est renforcé à l’extérieur par une tour. Le Soleillant a connu une histoire quelque peu chaotique. Les renseignements sont peu abondants sur les premiers seigneurs du dit domaine. La famille du Soleillant est mentionnée dès 1250 avec Guillaume du Soleillant, prêtre-chapelain du comte de Forez Guy V qui se trouvait en Orient. En 1338 Guillemet du Soleillant est prévôt de Saint-Romain le Puy. Artaud du Soleillant et Charles du Soleillant sont dans l’entourage de Jeanne de Bourbon et d’Anne Dauphine, comtesse de Forez en 1409, signifiant que le fief du Soleillant ait pu avoir une certaine importance. En 1433 Jean Du Soleillant est prieur de Saint Romain le Puy. La décadence du Soleillant débute en 1533 lorsque l’habitation est partagée entre le seigneur François de Saint-Maurice du Soleillant et un laboureur, Jean Dumas. Les terres de la seigneur de Soleillant s’étendaient de Montgenest aux hameaux du Mas, du Plénet et du Soleillant jusqu’aux rives de la Vidressonne. Elles englobaient également un chenevier (fabrication du chanvre) près du pont du Moingt et une vigne entre Verrières et Lézigneux Au cours des  XVI et XVIIème siècles les propriétaires se succèdent laissant le château dans un piteux état : Les Châtillon, Les Courtois d’Arcollières, originaire de Savoie, la famille Rival puis la famille De la Pierre de Saint-Hilaire. Après 1693 le château reste inhabité.

Pendant la Révolution, le Soleillant servira de refuge à des prêtres réfractaires cachés par Antoinette Montet dite « la Tante ». Née à Gumières en 1735, cette femme très pieuse, vendit tous ses biens pour la fondation du séminaire.  La Tante mourut en 1828 au Soleillant. Parmi ces prêtres se trouve l’abbé Perrier qui donnera sa notoriété à Verrières. Le château du Soleillant accueillera aussi le séminaire de Verrières de 1809 à 1919.

 Aujourd’hui le château du Soleillant n’est plus vraiment identifiable au milieu des constructions. On remarque la présence de larges dalles perpendiculaires à la façade qui attestent de la présence de la chapelle qui a été détruite. Un peu plus loin un portail Louis XIII est digne d’intérêt. Au hasard de promenades on peut retrouver quelques vestiges anciens dans des constructions du hameau du Pleney.

 

Le séminaire

Les débuts du premier séminaire sont plutôt modestes. Devenu curé à Verrières en 1803, l’abbé Perrier forme les futurs prêtres dans la maison curiale ou même chez les villageois de Verrières. En 1807 on compte 107 élèves. En 1809 le nombre d’élèves augmente considérablement passant à 313 élèves.  Grâce au don de Mme Montet le curé de Verrières acquiert le château du Soleillant pour y installer le séminaire. Des personnages célèbres ont étudié au séminaire de Verrières en 1812 : Jean-Claude Collin fondateur de l’ordre des Maristes ou Société de Marie, Joseph-Benoît-Marcellin Champagnat, fondateur des Petits Frères de Marie et Jean Baptiste Marie Vianney le futur curé d’Ars. 

Les premiers travaux de la construction du nouveau séminaire débutent en 1816. M. Barou désigné par le diocèse de Lyon comme nouveau supérieur fait construire plusieurs bâtiments dans le bourg, au nord de l´église, un grand corps de bâtiment est construit avec des éléments (partie nord et chapelle) du château du Soleillant. En 1819 le séminaire s’installe au bourg. 

En 1846 un violent incendie s’est déclenché et une grand partie des bâtiments  fût détruite, par chance il n’y a pas eu de aucune victime, les élèves étaient en promenade. Mr Gorand qui dirigeait la maison de Verrières à ce moment décida de le reconstruire. La première pierre fut posée le 4 mars 1847 et les travaux durèrent 8 ans.   

En 1905 la loi de séparation de l’église et de l’état met fin aux activités du séminaire. 

Le 15 décembre 1906 le petit séminaire de Verrières ferme définitivement ses portes. Propriété de la commune de Verrières-en-Forez pendant de nombreuses années le séminaire fut vendu à des particuliers qui livrèrent à la démolition la plus grand partie des bâtiments.  Il ne reste aujourd’hui qu’un arc monumental, quelques murs  de l’ancienne chapelle et un corps de bâtiment dans une propriété privée. 

De grands travaux sont menés de 1989 à 1991 pour aménager le lycée professionnel du Haut Forez.

L’église Saint-Ennemond

L’histoire religieuse de Verrières en Forez est toute aussi ancienne et tient une place importante. Dès 984, il est fait mention de l’église de Verrières-en-Forez dans les possessions de l´église de Lyon ; elle est alors dédiée à la Vierge. En 1233 Guy IV, comte de Forez, fonde une première église placée sous le vocable de Notre Dame. Tombée en ruines, elle est entièrement reconstruite au XVIème siècle sous le patronage de Saint Ennemond (ou Saint Chamond), évêque de Lyon au VIIème siècle. L’église de Verrières a conservé d’importants éléments anciens.  Les armoiries sculptées sur la clef de voûte de la chapelle de la Vierge rappellent le rôle certainement joué dans ce chantier par la famille de Talaru-Chalmazel, Gaspard de Talaru-Chalmazel, sa femme Marguerite de Rolin de Beauchamp et leur fils Louis de Chalmazel. Le trumeau (pilier décoré qui supporte le linteau du portail) est l’un des très rares encore subsistant dans le Département de la Loire. Mouluré encadré de guirlandes végétales il présente de magnifiques décors : une statue de la Pieta sous dais et une statuette de Saint Roch. Saint Roch est représenté debout, appuyé sur un bâton. Il est vêtu d’une tunique courte ceinturée, avec une sacoche en bandoulière, et d’un manteau long ; son chapeau pend dans son dos. Sa main droite dénude le haut de sa cuisse et désigne sa plaie. Un petit chien est dressé contre le bâton.  Sur l’écusson au pied de la Pieta on peut lire l’inscription MVCXXXXI (1541) qui correspondrait à la date d’achèvement des travaux. Le portail  est composé de 4 voussures retombant sur des pieds droits se terminant par des bancs de pierre. Le magnifique tympan est ajouré d’un remplage flamboyant.

Depuis la route départementale la vue est imprenable sur cet impressionnant clocher. On y découvre une très belle architecture extérieure et intérieure. Le clocher, composé d’un appareil régulier de granite est la partie plus ancienne de l’église (fin XVème siècle). Le clocher tout comme le portail sont d’une ampleur exceptionnelle (fin XVème siècle). L´église présente un plan allongé avec une nef de trois travées, chaque travée est soulignée d’une travée en plein cintre, flanquée de deux collatéraux, précédée d´une travée formant la base du clocher-porche à quatre niveaux, et terminée par un chœur à cinq pans. Elle est construite en granite appareillé en pierre de taille de moyen ou petit appareil. L´accès principal se fait par le clocher, avec un portail à l´ouest et une porte au sud. Une 3e porte est située au milieu du collatéral nord. L´intérieur est une voûte en croisée d’ogives, avec des clefs de voûtes sculptées et peintes d’écussons. L’église comprend 2 chapelles latérales dont l’une est dédiée à la vierge et l’autre au patron de l’église. Le troisième niveau est décoré sur les quatre faces de pinacles flamboyants qui introduisent également des éléments décoratifs de la Renaissance. Le motif de la fleur de lys est également visible. 

L’église de Verrières en Forez est très bien conservée et peu de modifications ont altérés  l’architecture du bâtiment. Classée monument historique en 1938, des traces de peintures murales nous laisse à penser que des choses sont encore à découvrir concernant cette belle église. 

A l’intérieur on peut remarquer la boiserie du maître-autel et la chaire gothique. La tradition veut que les boiseries proviennent de l’abbaye de Cluny après sa démolition et qu’elles aient orné dans un premier temps la chapelle du séminaire. Mu milieu de la nef une pierre tumulaire qui recouvre la dépouille mortelle de M. Verrier, curé de Verrières décédé en 1839. 

Autour de l’église se trouvait le cimetière ; En 1882, le nouveau cimetière est alors achevé, en 1900, déjà trop petit il est agrandi au sud. L’ancien cimetière est transformé en place publique en 1891.

L’orgue

Cet orgue aurait été offert en 1885 par les anciens élèves du petit séminaire pour être placé dans la chapelle de leur établissement. Il aurait été réalisé entre 1879 et 1890 par le facteur Merklin de Lyon. La décision de remonter l’orgue dans l’église paroissiale a été prise par la commune en 1912 ;Les archives paroissiales conservent une facture de démontage et remontage de l´orgue dans l´église paroissiale de Verrières par A. Dulaquain, ex-harmoniste de la maison Merklin, du 25 janvier 1915 : la plaque de la maison Merklin a peut-être été apposée sur l’orgue à cette occasion. Le buffet d’orgue est en chêne teinté et vernis au décor ajouré. La tuyauterie montre trois tourelles, à un niveau ; la tourelle centrale est plus basse. La transmission est mécanique et la console retournée à deux claviers. Concernant sa composition il s’agit d’un grand orgue à 56 notes, récit expressif à 56 notes, et pédale à 27 notes.

Croix/Madone

La Croix des Plats

De nombreuses croix sont dispersées sur le territoire de la commune de Verrières, une quarantaine, ce qui constitue un patrimoine très important. Les monts du Forez étaient jusqu’au début du XXème siècle plus peuplés que la plaine, avec un habitat dispersé qui a pu favoriser l’implantation de croix de chemin et de hameaux ; la montagne est aussi moins accessible et exposée aux aléas de l’Histoire (guerres de Religion, Révolution) comme aux changements de la vie moderne (requalification des routes). Les croix, sculptées dans le granite local, semblent aussi s’y être mieux conservées que dans la plaine, où l’on a pu utiliser du grès houiller ou un granite à grain plus fin, plus fragile. On trouve des croix très anciennes, datées du  XVIème siècle comme les deux de Conol, celles de Phialet ou de Prassouroux, ou encore celle du château de Beauvoir. 

Une grande croix tient une place centrale au cœur du village. Il s’agit de la croix du Jubilé de 1827. Une inscription figure sur une plaque sur le fût de la croix : JUBILE 1827. Le 4 juin 1827, lundi de Pentecôte, cette croix fut érigée par les élèves de l’abbé Verrier, supérieur du petit séminaire de la commune, et de M. Crevat, vicaire, en présence de milliers de personnes. D’anciennes cartes postales montrent que cette croix a été déplacée. La croix repose sur une plateforme de quatre degrés au sommet desquels est élevé un piédestal parallélépipédique monolithique en granite, avec une base moulurée, un cadre réservé en creux devait recevoir, sur la face avant, une plaque rapportée, aujourd´hui disparue. La tablette, avec moulure en quart de rond dans sa partie inférieure, reçoit la croix en fer forgé aux bras évidés et entre lesquels des rayons lumineux en fonte prennent place. Un important décor orne les bras de la croix qui se terminent par une pique. Le fût de la croix est maintenu à sa base par deux volutes latérales et deux barres en face avant et en face arrière.

Sur le hameau de la côte une madone domine la route. Cette statue monumentale a été érigée en 1871 par le prêtre Griot. Deux inscriptions sont gravées sur la face avant et arrière du piédestal de la statue,  NOTRE DAME / DE / VERRIERES et ERIGEE / PAR M. GRIOT / PRETRE / 1871. Piédestal en maçonnerie de granite, de plan octogonal reposant sur une base avec emmarchement de plan carré. La statue est en fonte peinte en blanc. Une armature en fer, de la même couleur et ressemblant à une mandorle, est fixée à l´arrière de la statue.

L’architecture du village

L´étude du cadastre dit napoléonien de 1809 apporte beaucoup de renseignements sur l´implantation de l´habitat, la gestion agricole du territoire, la présence de moulins, de fermes d´estive, mais également sur la nature des propriétaires terriens. Ainsi si de nombreux hameaux sont dénombrés, beaucoup d´entre eux ne sont constitués que de deux ou trois fermes compactes ; les autres, plus importants ont une disposition assez variée : étirée pour les hameaux de Plenet, Condamine, Péragut ; dispersée pour Conol et Arpheuil ; compacte pour les Poizats, et regroupée autour d´un espace central pour les Chazelettes. On peut également pointer la présence, dans ces territoires des Hautes Chaumes, d´un certain nombre de communaux (Communaux de Robert, Conol, Bruyères). L´altitude élevé du territoire explique la faible présence de vigne et, au contraire, l´importance du nombre d´habitants de la commune qui sont propriétaires de vignobles sur les coteaux du Forez. Au XIXe siècle la démographie croît assez considérablement dans le Forez mais reste modeste sur la commune, assez peu enclin à bénéficier des avancées techniques dans l´agriculture et l´industrie, de par son isolement des rapides voies de communication et de la géographie de son territoire. C´est pourtant à cette période que la majorité des fermes va se construire, ou que les anciennes vont se transformer. Plusieurs bâtiments se construisaient autour du séminaire rendait ensemble assez majestueux, les autres maisons du village ne correspondaient plus et avaient besoin des restaurations ou réparations.  Il en sera ainsi du village de Verrières qui bénéficiera de la création, dès le début du XIXe siècle, du petit séminaire et qui se transformera sensiblement autour de cette institution, jusqu´à ces années, avec l´implantation du lycée technique du Haut-Forez. En 1985 la majorité des verriérois vit de l´agriculture : une cinquantaine d´exploitations pratiquent une polyculture axée plus particulièrement sur les céréales destinées à l´élevage. A cette période il existe également deux importantes porcheries. Cependant, si agriculteurs et artisans constituent le gros d´une population qui a gardé quelques traditions : il existe encore dans le village un maréchal-ferrant, et la dernière paire de bœufs a disparu en 1980. L´activité artisanale s´est toujours plus ou moins bien maintenue : 3 maçons, un plâtrier-peintre, 2 plombiers, le maréchal-ferrant, un serrurier, un artisan mécanicien, un charpentier-menuisier. Les commerçants : une épicerie, une boulangerie et 3 cafés dans le bourg et 2 à la Feuillat.

L’emprise de l’ancien petit séminaire, aujourd’hui lycée professionnel du Haut-Forez, est encore très prégnante dans le paysage. Dans le bourg des traces de fenêtres anciennes, d’époque XVIème siècle sont encore présentes mais souvent masquées, dissimulées par des réaménagements successifs au XIX et XXème siècles. Une maison attire plus particulièrement l’attention, cette maison daterait vraisemblablement du XVIème siècle. Il s’agit du café blanc ou café du vieux bourg. Plusieurs baies de cette époque sont présentes sur les façades, l’une sur la façade latérale gauche et l’autre, sur la façade principale. Au XIXème siècle la façade est modifiée et peut-être surélevée. Plusieurs types de bâtiments se retrouvent dans le bourg : des constructions de type ferme, telles que nous les retrouvons dans les hameaux, avec parfois des logis avec galeries en bois, ou aître. A l’arrière de la rue principale, on trouve des constructions plus anciennes, dont peut-être la plus ancienne maison à galerie du Forez (XVème siècle).